Pour un réseau de chauffage mixte (acier et cuivre, 20 à plus de 500 mm), comment régler l'installation pour réduire rapidement boues et corrosion ?
1 réponse
Dans les réseaux de chauffage ou d’eau glacée mixtes acier et cuivre, de diamètres compris entre 20 et 500 mm, les phénomènes de corrosion et d’embouage sont fréquents et peuvent apparaître rapidement après la mise en service ou lors de modifications du réseau.
Origine du problème : corrosion galvanique et oxydation
Dans de nombreux bâtiments, les réseaux ont été initialement réalisés en acier noir. Avec le temps, des fuites peuvent apparaître, généralement liées à la corrosion par oxydation de l’eau, parfois aggravée par une eau trop agressive (cas d’eaux adoucies à 0 °f, dont le pouvoir corrosif est fortement accru).
Lors d’opérations de maintenance ou de réparation, il est courant que certaines sections en acier soient remplacées par des tronçons de canalisation en cuivre, matériau plus simple à souder. La coexistence de métaux de nature différente au sein d’un même circuit fermé favorise alors l’apparition d’une corrosion galvanique, processus électrochimique contre lequel les traitements inhibiteurs de corrosion classiques sont peu ou pas efficaces.
Cette corrosion ne se limite pas aux zones de raccordement : les particules métalliques mises en circulation peuvent se déposer en différents points du réseau, contribuant à la formation de boues et à une dégradation progressive des échanges thermiques.
La solution théorique idéale consiste à homogénéiser les matériaux, en remplaçant les sections cuivre par de l’acier noir (ou, à défaut, par des matériaux de synthèse), afin de supprimer la cause de la corrosion galvanique. En pratique, cette solution est rarement mise en œuvre sur des réseaux existants en raison de contraintes techniques, économiques et d’exploitation.
Solution opérationnelle : traitement physique global du réseau
Une autre approche consiste à recourir à un traitement physique de l’eau, agissant directement sur le comportement des particules issues de la corrosion à l’échelle du réseau.
Ces procédés visent à transformer les particules métalliques en circulation en ions, favorisant leur refixation sur les surfaces métalliques de même nature (ions fer sur surfaces acier, ions cuivre sur surfaces cuivre).
Ce mécanisme permet de :
- limiter la corrosion par oxydation de l’eau,
- réduire la dispersion des particules métalliques,
- freiner la formation et l’accumulation des boues dans l’ensemble du circuit.
Dans le cas particulier de la corrosion galvanique, la cause initiale (présence de métaux différents) n’est pas supprimée, mais les effets induits peuvent être atténués, notamment en évitant l’amplification du phénomène par des mécanismes de corrosion additionnels.
Action préventive et curative sur l’embouage
Ce type de traitement physique peut être mis en œuvre :
- à titre préventif, sur des réseaux neufs ou faiblement encrassés,
- à titre curatif, lorsque l’embouage est déjà présent.
Il se distingue des dispositifs de rétention mécanique (pots à boue) et des traitements chimiques, dont la fonction principale est de limiter l’encrassement des chaudières, en aucun cas de désembouer une installation, puisqu’ils n’agissent pas directement sur les mécanismes de formation des boues à l’échelle globale du réseau.
Suivi et contrôle des résultats
L’efficacité de ces procédés est généralement évaluée par des analyses régulières de l’eau du réseau, permettant de suivre l’évolution des paramètres physico-chimiques et de vérifier la stabilité du fonctionnement dans le temps.
Ce suivi constitue un outil objectif pour apprécier l’impact du traitement sur la corrosion et l’embouage, et pour détecter d’éventuelles dérives nécessitant une action corrective.
Enjeux énergétiques et exploitation des installations
Un réseau partiellement emboué entraîne une diminution des échanges thermiques, une augmentation des pertes de charge et une dégradation des performances énergétiques globales, indépendamment du niveau de performance des équipements installés (chaudières, échangeurs, systèmes de régulation ou GTB - Gestion Technique du Bâtiment).
La maîtrise durable de la qualité de l’eau constitue donc un levier essentiel pour préserver le bon fonctionnement des réseaux de chauffage et d’eau glacée, y compris sur des installations de grande dimension ou étendues sur plusieurs kilomètres.
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