Maîtrise de la mesure de niveau dans les postes de relevage soumis aux condensats, turbulences et atmosphères corrosives
Mesure de niveau en relevage : enjeux techniques
Pourquoi l'instrumentation deraille en conditions reelles
Les postes de relevage (eaux usees, eaux pluviales chargees, effluents industriels) cumulent des contraintes parmi les plus defavorables pour une instrumentation de niveau : humidite permanente, condensation sur les capteurs, atmospheres corrosives (H2S, NH3, chlorures), presence de mousse, depots, graisses, et turbulences liees a l'arrivee gravitaire et aux cycles de pompage.
L'enjeu n'est pas seulement d'obtenir une valeur affichable, mais une mesure continue, stable et exploitable pour le pilotage de pompes, les alarmes haut/bas, l'enregistrement et la tele-gestion, avec une disponibilite elevee (moins de visites de nettoyage, moins d'arrets intempestifs, regulation energetique plus coherente).
Chez VEGA TECHNIQUE SAS, les applications eau/assainissement mettent en avant une priorite : tenir la performance metrologique dans le temps, malgre un environnement agressif et des conditions de surface tres variables.
Condensats, turbulence et gaz : sources d'erreurs
Condensation sur les interfaces de mesure
En atmosphere saturee, les variations de temperature (effluents entrants, cycles jour/nuit, ventilation) favorisent la formation de condensats sur les surfaces froides : face d'antenne (radar), membrane acoustique (ultrasons), et dispositifs de mise a l'air sur certaines sondes. Un film d'eau peut entrainer attenuation, reflexions multiples ou derive progressive, avec a la cle des fluctuations, des sauts de mesure ou une perte d'echo/signal.
Turbulences hydrauliques et surface instable
L'arrivee gravitaire cree jets, vortex et zones de cisaillement. Les demarrages/arrets de pompes induisent vagues et bullage. Les technologies sensibles a l'etat de surface (notamment les ultrasons) peuvent alors presenter une variabilite instantanee importante, generant des declenchements de seuils non souhaites si le filtrage et la logique d'alarme ne sont pas adaptes.
Corrosion, encrassement et defauts d'etancheite
Le H2S et certains condensats acides accelerent la corrosion des metaux non proteges et degradent certains elastomeres. Les aerosols, graisses et biofilms s'accumulent sur les capteurs en zone gazeuse, ainsi que sur les cables/sondes immerges. Les symptomes typiques sont : derive lente, pertes de repetabilite, faux echos (sans contact), ou vieillissement premature des connectiques.
Dans beaucoup de cas, la panne n'est pas purement metrologique : infiltration par presse-etoupe, connecteur vieillissant, cable attaque, ou condensation interne. D'ou l'importance du choix de materiaux et d'un indice de protection coherent avec l'environnement (ruissellement, nettoyage, immersion ponctuelle).
Contraintes d'exploitation : IP, CEM et zones ATEX
Les choix d'instrumentation doivent aussi integrer un socle d'exigences transverses : etancheite selon le code IP de la norme IEC 60529 (Code IP) (en France : NF EN 60529), compatibilite electromagnetique et, selon site, evaluation du risque d'atmosphere explosive. Le cadre ATEX repose notamment sur la directive 2014/34/UE (equipements) et la directive 1999/92/CE (protection des travailleurs). Une synthese pratique est disponible via l'INRS (reglementation ATEX).
Choisir la technologie : radar, ultrasons, hydrostatique
Ultrasons : simple mais sensible a l'ambiance
Les ultrasons restent attractifs pour des besoins standards, mais en poste de relevage ils sont souvent penalises par la condensation sur la membrane, la mousse, les gradients de temperature (impact sur la vitesse du son) et les atmospheres chargees. Le resultat typique est une mesure plus bruitée et une disponibilite degradee si la configuration est severe.
Exemple de capteur de mesure ultrasonore : VEGASON 61.
Radar sans contact : souvent plus robuste en relevage
Lorsque la geometrie du poste le permet, une approche robuste consiste a privilegier une mesure sans contact par radar. Comparativement aux ultrasons, le radar est en general moins sensible a la vapeur, aux variations de temperature de l'air et aux conditions d'ambiance, ce qui aide a stabiliser la mesure en presence de condensats et d'atmospheres corrosives.
Point cle : la technologie ne compense pas une implantation defavorable. La performance depend d'abord des choix d'installation et de parametres.
Hydrostatique : pertinente si le sans contact est contraint
Une sonde hydrostatique est pertinente lorsque la geometrie est defavorable au sans contact (regards etroits, structures internes) ou lorsque l'on privilegie une mesure directement liee a la hauteur d'eau. Dans ce cas, la fiabilite depend notamment de : protection mecanique de la membrane, compatibilite materiaux, procedure de nettoyage, et maitrise de la mise a l'air (gestion de l'humidite, prevention de l'obturation selon l'architecture du capteur).
Exemple de sonde hydrostatique : VEGAWELL S51 (interface 4-20 mA, technologie hydrostatique).
Installation et parametrage : les bonnes pratiques
Implantation mecanique : viser une surface representative
En poste de relevage, l'implantation doit limiter les perturbations dans la zone de mesure :
- Eviter l'axe des arrivees (jet) et des vortex : montage decale par rapport a l'arrivee gravitaire et aux pompes.
- Reduire les obstacles dans le cone de mesure (echelles, chaines, rails, cables). Si ces elements sont inevitables, prevoir un parametrage d'echos parasites.
- Choisir une connectique et une enveloppe adaptees a l'humidite et au nettoyage : un IP eleve est souvent requis en zone forte humidite (attention : l'indication IP68 n'impose pas une profondeur/duree universelles, ces conditions etant definies par le fabricant suivant l'application).
Parametrage : masquage d'echos et filtrage anti-vagues
Pour une sortie stable utilisable en regulation et alarmes, les regles suivantes sont determinantes :
- Suppression/masquage d'echos : apprentissage des obstacles fixes (parois, brides, echelles) afin d'eviter les basculements de mesure.
- Filtrage (amortissement) : constante de temps adaptee aux turbulences pour lisser les vagues, sans retarder excessivement une alarme de securite (haut niveau).
- Calibration sur cotes fiables : reglage du zero et du plein a partir de references geometriques verifiees (radier, cote de debordement).
- Gestion des defauts : configuration des diagnostics (perte d'echo, hors plage) et d'une position de repli de la boucle 4-20 mA pour rendre l'anomalie detectable par l'automate.
Transmission 4-20 mA et HART : exploitation maintenance
En tele-gestion, une architecture typique combine une boucle 4-20 mA avec, si besoin, la surcouche numerique HART, qui permet de transporter des donnees et parametres sur la meme paire que le 4-20 mA. Le protocole HART est concu pour la communication numerique sur boucle de courant. (Rappel technique HART).
L'enregistrement de tendances (mini/maxi, derive de zero, bruit de mesure, temps de marche pompe) permet de transformer la mesure en outil d'exploitation : detection precoce d'encrassement, incoherences niveau/debit, ou evolution anormale des cycles de pompage.
Retours d'experience : limites et vigilance
Ce que le radar ameliore, typiquement
En environnement tres humide, les capteurs radar sans contact presentent souvent une meilleure resilience que les ultrasons : moindre dependance aux conditions de propagation liees a la temperature de l'air, et meilleure tenue en ambiance chargee. En exploitation, cela se traduit frequemment par moins d'oscillations et moins de declenchements intempestifs, a condition que l'installation et le parametrage soient maitrises.
Ce que le radar ne resout pas a lui seul
Des limites peuvent apparaitre en cas de puits tres etroit avec de nombreux elements metalliques (reflexions parasites), ou en presence de mousse epaisse et persistante (attenuation/diffusion selon la structure). Par ailleurs, des depots sur l'antenne (graisses/aerosols) peuvent degrader progressivement le rapport signal/bruit, ce qui justifie une inspection periodique simple.
Retrofit : requalifier l'echelle et les alarmes
Lors du passage d'une technologie a une autre (ex. ultrasons vers radar, ou inversement), il est indispensable de revalider : zones mortes, offsets, echelle de conversion en automate, temporisations, et logiques d'alarme. Une verification sur plusieurs cycles (conditions seches et pluviales) permet d'ajuster le filtrage et d'eviter un sur-filtrage qui retarderait l'alarme haut niveau.
A retenir pour fiabiliser la mesure de niveau
Une methode : environnement, technologie, installation
Fiabiliser une mesure de niveau en poste de relevage repose sur une approche combinee : comprendre les perturbations (condensats, turbulence, corrosion), choisir une technologie coherente (radar, ultrasons, hydrostatique) et surtout maitriser l'implantation et le parametrage (masquage d'echos, filtrage, gestion des defauts, choix IP/materiaux).
Produits VEGA pertinents selon contraintes de site
- VEGASON 61 : mesure ultrasonore, a considerer lorsque les conditions d'ambiance et de surface restent compatibles.
- VEGAWELL S51 : sonde hydrostatique, adaptee quand une mesure immergee est preferable ou quand la geometrie limite une mesure sans contact.
Conclusion : securiser l'exploitation et reduire la maintenance
Une mesure de niveau fiable en relevage permet de securiser le pilotage des pompes, de reduire les alarmes parasites, de limiter les interventions de nettoyage et d'ameliorer la continuite de service. Pour dimensionner la technologie, valider l'implantation et parametrer la chaine 4-20 mA/HART selon vos contraintes de site, vous pouvez demander un devis a VEGA TECHNIQUE SAS.
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