En présence de risques d'incendie, comment exploiter une barrière certifiée capable de résister à une chaleur d'environ plus de 200°C pendant 15 min sans défaillance ?
1 réponse
Une barrière certifiée pour tenir > 200 °C pendant 15 minutes sans défaillance doit être exploitée comme un dispositif de résistance temporaire à la chaleur, pas comme une protection incendie autonome. En pratique, elle sert à gagner du temps : protéger une zone sensible, maintenir une fonction critique pendant quelques minutes, limiter la propagation thermique initiale, ou permettre l’évacuation et l’intervention.
1. Clarifier le rôle exact de la barrière
Il faut d’abord distinguer trois notions :
Résistance thermique 200 °C / 15 min
Cela signifie que la barrière conserve son intégrité fonctionnelle dans les conditions d’essai annoncées. Ce n’est pas automatiquement équivalent à un classement coupe-feu réglementaire.
Réaction au feu
C’est le comportement du matériau lorsqu’il est exposé au feu : inflammabilité, fumées, gouttelettes, etc. La norme EN 13501-1 classe notamment la réaction au feu des produits de construction.
Résistance au feu / coupe-feu
Pour les éléments de construction, la norme EN 13501-2 classe la résistance au feu à partir d’essais, avec des critères comme l’étanchéité aux flammes, l’isolation thermique ou le rayonnement selon les cas.
Donc, si la barrière n’a qu’une certification “200 °C / 15 min”, il faut éviter de la présenter comme EI15, EW15, E15 ou coupe-feu 15 minutes, sauf si le procès-verbal de classement le mentionne explicitement.
2. L’exploiter comme protection de premier niveau
Dans une analyse de risques incendie, cette barrière peut être utile pour :
- protéger temporairement des équipements sensibles ;
- isoler une rétention, une vanne, une armoire technique ou un passage critique ;
- ralentir la transmission de chaleur vers une zone à risque ;
- sécuriser une intervention courte ;
- maintenir une séparation fonctionnelle pendant le déclenchement de l’alarme, l’évacuation ou l’arrivée des secours.
L’INRS rappelle que la prévention incendie vise à supprimer les causes de départ de feu et à limiter les conséquences humaines et matérielles en cas de sinistre. La barrière doit donc s’intégrer dans une démarche globale, avec détection, alarme, désenfumage, moyens d’extinction, consignes et évacuation.
3. Définir une doctrine d’emploi simple
Pour l’exploitation, nous recommanderions de formaliser une règle du type :
Cette barrière est utilisée comme dispositif de protection thermique temporaire, destiné à conserver son intégrité pendant 15 minutes sous exposition thermique d’environ 200 °C, afin de retarder une propagation ou de protéger une fonction critique. Elle ne remplace ni un mur coupe-feu, ni un dispositif d’extinction, ni une procédure d’évacuation.
C’est important juridiquement et commercialement : la performance doit être décrite dans le périmètre exact de la certification.
4. Conditions d’installation à verrouiller
La performance réelle dépend fortement de la pose. Il faut donc exiger :
- respect strict du montage certifié ;
- ancrages compatibles avec la température ;
- joints, liaisons, appuis et fixations non dégradables à 200 °C ;
- absence de passage de flammes, fumées ou gaz chauds par les rives ;
- maintien mécanique en cas de dilatation ;
- distance suffisante avec les combustibles ;
- inspection périodique de l’état des joints, fixations et panneaux.
Les procès-verbaux de résistance au feu précisent généralement que les éléments et leur montage doivent rester conformes à la description testée ou validée.
5. Ne pas l’utiliser seule en zone incendie sévère
Une exposition à 200 °C reste modérée par rapport à un incendie développé, où les températures peuvent être beaucoup plus élevées. La barrière peut donc être pertinente pour un risque thermique limité ou transitoire, mais elle ne suffit pas pour une zone où l’on attend un feu pleinement développé, un feu de nappe hydrocarbure, une explosion, ou une exposition prolongée.
Dans ces cas, il faut plutôt demander un classement adapté : par exemple résistance au feu selon EN 13501-2, ou un essai spécifique selon le scénario réel.
6. L’intégrer dans le plan de prévention incendie
Côté exploitation, la barrière doit être référencée dans :
- le DUERP ou l’analyse de risques ;
- les plans de circulation et d’évacuation ;
- les consignes incendie ;
- le plan de maintenance ;
- les procédures d’intervention ;
- les plans de prévention avec entreprises extérieures si concerné.
En France, les dispositions du Code du travail relatives aux lieux de travail couvrent notamment les dégagements, le désenfumage, le stockage de matières inflammables, les moyens d’extinction, l’alarme et les consignes de sécurité incendie. Les dégagements doivent notamment permettre une évacuation rapide et rester libres.
En résumé :
En environnement exposé à un risque d’incendie ou de forte chaleur, la barrière peut être utilisée comme écran de protection thermique temporaire. Sa certification de tenue à plus de 200 °C pendant 15 minutes permet de sécuriser une phase critique : évacuation, intervention, protection d’un équipement ou limitation d’une propagation initiale. Son emploi doit toutefois rester conforme au domaine de certification, aux conditions de pose validées et au plan de prévention incendie du site.
À éviter :
“barrière coupe-feu”, “protection incendie réglementaire”, “résiste à un incendie”, sauf si vous avez un PV de classement feu correspondant.
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Cordialement.
L'Equipe ESTHI FRANCE
27 rue Paul Verlaine - 69100 Villeurbanne
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