Livraison à domicile ou en point relais : quelle option est vraiment la moins polluante ?

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Il y a 1 semaine

Contrairement à une idée reçue, le point relais n’est pas toujours le meilleur choix. Avec environ un milliard de colis du e-commerce livrés chaque année en France, la question compte. La réponse dépend surtout de la façon dont le client récupère son colis.

1. Le déplacement du client, premier facteur
Les travaux de l’ADEME sur le e-commerce le montrent : le trajet du client pèse souvent plus lourd que le dernier kilomètre du transporteur. Une tournée de livraison regroupe des dizaines de colis, donc les émissions par colis restent faibles. Un aller-retour en voiture fait uniquement pour récupérer un colis peut à lui seul dépasser l’impact de toute la livraison.

2. Comparatif des principaux modes

  • Point relais et consigne automatique : les plus vertueux si le client s’y rend à pied, à vélo, en transport en commun ou sur un trajet qu’il fait déjà. Les moins intéressants si le retrait impose un déplacement en voiture dédié.
  • Livraison à domicile : performante quand le colis est remis du premier coup. Chaque échec ajoute un passage ou un report vers un point relais, ce qui augmente les émissions.
  • Retrait en magasin : intéressant si le magasin est proche ou sur le chemin habituel, et si le produit arrive avec le réapprovisionnement normal du point de vente.
  • Livraison express : la plus émettrice. Elle empêche de remplir et d’optimiser les tournées, et recourt plus souvent à l’avion pour le transport amont.
  • Vélo cargo et véhicules électriques : ils réduisent fortement les émissions directes et la pollution de l’air en ville. Leur intérêt est maximal en centre urbain dense, sur des tournées courtes.

3. Les postes qu’on oublie souvent

  • L’emballage : un carton surdimensionné, du calage plastique ou un suremballage alourdissent le bilan. Ils augmentent aussi le volume transporté, donc le nombre de camions.
  • Le transport amont : le trajet entre l’usine, l’entrepôt et la zone de livraison représente souvent une part plus importante que le dernier kilomètre, surtout pour les produits importés.
  • Les retours : un colis renvoyé refait tout le trajet en sens inverse. Les retours gratuits et systématiques peuvent doubler l’impact d’un achat.

4. Les leviers selon les acteurs

Pour le consommateur :

  • Choisir le point relais seulement s’il se trouve sur un trajet déjà prévu.
  • Préférer la livraison standard à l’express.
  • Regrouper ses achats en une seule commande.
  • Choisir un créneau où l’on sera présent si l’on opte pour le domicile.
  • Bien vérifier la taille et les caractéristiques du produit pour éviter les retours.

Pour les e-commerçants :

  • afficher l’option de livraison la moins émettrice par défaut ;
  • proposer des emballages adaptés au produit, sans vide ;
  • inciter au regroupement des commandes plutôt qu’à l’expédition fractionnée ;
  • encadrer les retours gratuits.

Pour les transporteurs et les collectivités :

  • améliorer le taux de remplissage et l’optimisation des tournées ;
  • développer les consignes et points relais accessibles à pied ;
  • soutenir la logistique urbaine décarbonée (vélo cargo, hubs de proximité).

En résumé : le mode le moins polluant est celui qui évite un déplacement supplémentaire en voiture. Un colis livré du premier coup à domicile, ou retiré à pied en point relais, aura presque toujours un meilleur bilan qu’une livraison express ou un retrait fait spécialement en voiture.

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